Portrait : Valérie ODINA
Valérie Odina : sur le chemin d’une renaissance musicale
Valérie Odina, lauréate du prix SACEM de la meilleure performance féminine en 1995, incarne une figure marquante de la musique antillaise, dont la carrière, aussi riche que discrète, et qui continue de fasciner.
Tout commence en 1988, avec la signature de son premier album, marqué par des titres emblématiques comme Zetwal ou Métamorphose. Sa collaboration avec le groupe JM Harmony, notamment sur Intense Emotion, sous la direction d’Emmanuel Granier, son premier producteur, lance sa carrière.
Dix ans plus tard, elle signe un deuxième album, Une Femme, produit par Ronald Rubinel. Sa voix puissante s’illustre aussi dans le projet Jeux de Dames avec Fanm’ fô, aux côtés de Léa Galva et Danielle René-Corail. En 1995, c’est son interprétation de Kon sa Mwen Yé, [ndlr : écrite par Paulo Albin et Michel Linérol] qui lui vaut le trophée SACEM de la meilleure performance féminine.
Dès lors, les collaborations se multiplient : Frères Bernard, Les Malavoi, Entre-deux de Ronald Tulle… Pourtant, en 1999, Valérie Odina quitte la scène. « Je ne me sentais plus dans mon élément… J’aspirais à plus de sérénité », confie-t-elle. Elle s’installe en métropole, reprend ses études, intègre la fonction publique et y construit une carrière solide, avec 19 ans d’expérience en DRH dans une mairie de banlieue parisienne.
Mais la vie réserve des épreuves : en 2017, elle perd ses deux parents à quelques semaines d’intervalle. « J’ai vécu une période de dépression, passé par toutes les étapes du deuil », avoue-t-elle. Son retour en Martinique en 2021 l’aide à tourner la page. Aujourd’hui, à plus de 50 ans, Valérie Odina assume un autre deuil, celui de la maternité, qu’elle a appris à accepter grâce à sa foi et à sa famille élargie. « La spiritualité est au centre de ma vie », souligne-t-elle.
Pourtant, « la bête s’est réveillée il y a cinq ans ». La musique, toujours ancrée en elle, la pousse à envisager un retour. « Je chante à la maison, je pratique le sport, mais j’ai très envie de revenir à mes premières amours… avec quelque chose de concret, qui a du sens », explique-t-elle. Lucide face à l’évolution du monde musical, elle attend l’opportunité idéale pour offrir une performance à la hauteur de son héritage.
Valérie Odina, entre résilience et passion, est une artiste à suivre.